Avant la séance : la préparation en amont
La première séance est programmée plusieurs semaines à l'avance, après la confection d'une fistule artério-veineuse (FAV) qui a eu le temps de mûrir, généralement trois mois. En cas d'urgence, un cathéter central tunnelisé peut être posé en alternative.
Dans les jours précédents, un bilan sanguin complet est réalisé (ionogramme, urée, créatinine, phosphore, calcium, PTH, hémoglobine, albumine). Le centre communique l'horaire de la séance, la durée prévue (généralement trois heures pour la toute première, avant le passage à quatre heures) et les documents à apporter : carte Vitale, ordonnance de dialyse, traitement habituel.
Il est conseillé de manger léger avant la séance, de porter des vêtements amples avec une manche relevable côté fistule, et d'éviter toute crème sur le bras de la fistule qui pourrait gêner la désinfection.
L'arrivée au centre et l'accueil
À l'arrivée, le patient est accueilli par l'équipe infirmière qui vérifie son identité, son poids d'arrivée (comparé au poids dit sec, objectif de fin de séance) et sa tension artérielle. Ces données conditionnent la prescription d'ultrafiltration (quantité de liquide à retirer).
Le patient s'installe dans un fauteuil inclinable ou un lit, selon les habitudes du centre. Une couverture est proposée, car la température baisse pendant la séance. Le poste est équipé d'un générateur, d'un écran de télévision individuel dans la plupart des centres et parfois d'une connexion wifi.
La ponction de la fistule et le branchement
L'infirmière désinfecte largement la fistule et pose deux aiguilles : une artérielle (pour prélever le sang) et une veineuse (pour le restituer après épuration). Cette étape peut être anxiogène au début ; une crème anesthésiante (type EMLA) appliquée une heure avant permet de limiter la sensation.
Le circuit extracorporel est connecté au générateur, qui démarre progressivement le débit sanguin (200 à 350 ml/min selon la prescription). Le patient ne ressent pas la circulation du sang en dehors d'une légère sensation de frais au niveau du retour veineux.
Pendant la séance : le déroulé heure par heure
Heures 0-1 : adaptation hémodynamique. La tension et le pouls sont surveillés toutes les 15 minutes. Certains patients ressentent des fourmillements, une légère nausée ou une fatigue. Ces symptômes s'atténuent généralement au fil des séances.
Heures 1-3 : phase stable. Le patient peut lire, regarder un film, téléphoner, voire travailler sur un ordinateur portable. Un en-cas léger est souvent proposé (compote, biscuits) en respectant les restrictions diététiques.
Dernière heure : approche du poids sec. C'est le moment le plus sensible — une chute de tension (hypotension per-dialytique) peut survenir si l'ultrafiltration est trop rapide. L'infirmière adapte alors les paramètres.
Le débranchement et le retour à domicile
À l'heure programmée, le générateur restitue le sang restant dans le circuit au patient, puis les aiguilles sont retirées. Une compression de dix à quinze minutes sur les points de ponction est essentielle pour éviter les hématomes.
Le poids de sortie est vérifié, ainsi que la tension debout. Le patient est autorisé à partir s'il est stable. Le transport de retour est organisé, idéalement accompagné les premières semaines car la fatigue post-dialyse peut être importante.
Les premières semaines : adaptation progressive
Les trois à quatre premières séances sont généralement raccourcies (trois heures au lieu de quatre) pour éviter le syndrome de déséquilibre (maux de tête, nausées) lié à une épuration trop rapide chez un patient naïf.
La fatigue s'atténue au bout de quatre à six semaines, le temps que l'organisme s'adapte au nouveau rythme. L'équipe du centre reste disponible pour répondre aux questions, et un rendez-vous avec le néphrologue est programmé dans les deux semaines suivant le démarrage.